Les abandons

Cirques avec animaux sauvages : que dit la loi ?

C’est dans le Code de l’Environnement, que l’Arrêté du 18 Mars 2011 fixe l’autorisation et les conditions de détentions des animaux non domestiques dans les établissements de spectacle itinérant. L’identification, les conditions de détention et de transports, l’utilisation dans les spectacles sont notamment réglementés. Je souhaite tout de suite être claire là-dessus, car c’est un argument qui revient fréquemment de la part des défenseurs des cirques. Ce n’est pas parce que la loi existe, que la loi est bonne. Voici ce que dit notamment l’article 9 de cet arrêté sur les représentations en public de ces animaux : III. – Les animaux ne peuvent pas participer aux spectacles si : ― leur état de santé ne le permet pas ; ― le type de participation est susceptible de nuire à leur état de santé ; ― la sécurité du public et du personnel ne peut être assurée, en raison notamment de leur comportement ou de l’insuffisance de leur maîtrise. Or, même si les animaux ont en apparence une bonne santé physique, il ne peuvent pas avoir une bonne santé mentale dans les conditions de détention et de traitement des cirques. Et la loi se contredit elle-même avec l’article L214-1 du code rural : Article L214-1. Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce.

La souffrance des animaux de cirque

Maintenant, parlons peu, parlons biologie. Je me suis appuyée sur le mémoire de thèse d’Emilie Wenisch pour compléter mes connaissances sur le sujet. De quoi souffrent concrètement les animaux vivants dans des cirques ? ◾ D’un manque d’espace : C’est l’un des principaux problèmes. Éléphants, tigres ou encore chameaux, ils ont tous besoin de beaucoup plus d’espaces qu’on ne pourra jamais leur offrir en captivité. ◾ Des interactions sociales inadaptées : Un éléphant a besoin de vivre dans un large groupe. Un tigre vit en solitaire. Imposer la solitude ou le contact d’espèces différentes à des animaux les placent dans des hautes conditions de stress. ◾ La vie sur les routes : Un spectacle itinérant, c’est un peu le principe de bouger en permanence. Si vous avez des animaux, vous devez vous rendre compte que les transports peuvent être très stressant pour eux. Imaginez, une vie passée à le faire ! ◾ Le manque de stimuli : Que ça soit des odeurs ou des stimuli visuels. La vie itinérante, les espaces restreints et le manque de déplacement (par eux-même pas en camion, tu vois ?) ne leur permet d’avoir assez de stimuli proches de leur environnement naturel. ◾ Des conditions climatiques : Les lions vivent dans des climats très chauds, les ours dans des climats froids, les tigres dans des climats tropicaux. En France on se paie l’été et l’hiver à température ambiante. Pas adapté. ◾ De la lumière et des sons : La lumière et les sons peuvent être très stressants pour les animaux. Par exemple face à la foule, sous les chapiteaux avec des éclairages violents, sur les routes ou près des bords de route avec des bruits qu’ils ne comprennent pas. ◾ Les spectacles : Sauter dans des cerceaux de feu, se tenir debout ou encore jongler. Vous pensez vraiment que les animaux apprennent ces tours pour être gentils avec leur dompteur ? Un animal sauvage se dresse par la force, la privation de nourriture ou la peur. Parmi les symptômes mentaux qu’on retrouve fréquemment chez les animaux sauvages en captivité, il y a la stéréotypie (mouvements répétés de façon anormale), l’apathie, le manque d’appétit ou encore l’agressivité. Pour contrer cela, les animaux sont généralement médicamentés… Les zoos n’arrivent déjà pas à se rapprocher suffisamment des milieux naturels pour éviter ces symptômes, comment des cirques pourrait y arriver ?

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